À une vingtaine de kilomètres de Morges, la petite ville de Nyon a abrité, à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, une manufacture de porcelaine dont la production est aujourd’hui très recherchée par les collectionneurs suisses. Il n’est pas rare d’en retrouver une tasse, un sucrier ou quelques assiettes dans une famille vaudoise. Voici quelques repères pour reconnaître ces pièces et comprendre leur valeur.
Une manufacture au destin bref
Fondée à la fin du XVIIIe siècle par des artisans venus de l’étranger, la manufacture de Nyon a produit pendant quelques décennies seulement une porcelaine dure de grande qualité. Les difficultés économiques et la concurrence ont ensuite conduit à l’abandon de la porcelaine au profit d’autres productions céramiques. Cette période courte explique la relative rareté des pièces authentiques.
Des décors d’une grande finesse
La porcelaine de Nyon se distingue par la blancheur et la finesse de sa pâte, mais surtout par la délicatesse de ses décors : bouquets et guirlandes de fleurs, épis, papillons, paysages miniatures, filets et frises dorées. Les formes s’inspirent largement des modèles français de l’époque Louis XVI, avec une sobriété élégante.
La marque au poisson
Les pièces de Nyon portent généralement, sous la base, un petit poisson peint en bleu sous couverte, évoquant le lac. Cette marque a toutefois été imitée, notamment au XIXe et au XXe siècle. Une marque seule ne suffit donc pas : il faut la confronter à la qualité de la pâte, de la couverte et du décor. Une pièce lourde, à la peinture approximative, avec un poisson très appuyé, doit inciter à la prudence.
Ce qui fait la valeur
- L’authenticité, évidemment, vérifiée par un examen attentif.
- La qualité du décor : certains peintres de la manufacture étaient d’une grande habileté.
- La forme : pièces de forme rares, théières, pots à lait, plats.
- L’état : éclats, fêlures et usure de la dorure diminuent la valeur.
- L’ensemble : un service ou un déjeuner complet est toujours plus recherché.
Que faire si vous pensez en posséder ?
Ne lavez pas les pièces au lave-vaisselle, ne tentez pas de recoller un éclat et conservez-les à l’abri des chocs. Photographiez la marque et une vue d’ensemble, puis faites-les examiner. Une estimation à domicile permet de lever le doute, sans risque pour des objets fragiles. Consultez notre page sur la porcelaine et la faïence pour en savoir plus sur notre méthode.
Un patrimoine régional à transmettre
Au-delà de leur valeur marchande, ces pièces témoignent d’un savoir-faire vaudois remarquable. Les musées de la région en conservent de beaux exemples, et les collectionneurs suisses restent très attachés à cette production. Si vous décidez de vous en séparer, elles trouveront sans peine un amateur attentif.



